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Communiqué du CerPhi - Centre d’étude et de recherche sur la Philanthropie - qui nous livre dans sa troisième édition de "La France associative en mouvement" les principaux chiffres et évolutions concernant le mouvement associatif français :
L’étude parue en novembre 2004 « Evolutions de la France associative » annonçait
un million d’associations vivantes et le franchissement du cap symbolique des
70 000 créations en 2003-2004. Après deux années records, l'année 2004-2005
marque une pause (-1,2 % par rapport à 2003-2004 avec 69 117 créations). Est-ce
le début d'une nouvelle période un peu moins intense ?
Les 4 principaux domaines sont toujours la culture (21.3% des créations),
le social (15.9%), les loisirs (14.4%) et le sport (12.6%). Malgré la préoccupation
croissante des citoyens en matière d’environnement, ce domaine, qui représente
2,5 % des associations créées depuis 10 ans, ne suit pas une évolution régulière.
Il connaît même depuis 2 ans, une baisse du nombre de créations d’associations.
Sommes-nous arrivés à une certaine stabilité dans ce domaine avec des associations
pérennes ?
• Près de 7 % des Français ont participé à la création d’une association
au cours de la dernière décennie. Rapporté à la population de 18 à 70 ans, ce
pourcentage de « bâtisseurs associatifs » varie fortement d’un département à
un autre, de 4,5 % à 12.6 %.
• La carte de France des bâtisseurs montre assez peu de changement. Le Sud
se distingue toujours tout particulièrement pour sa "fièvre créatrice",
et la façade Ouest évolue dans ce même sens au cours des années récentes. C’est
dans ces mêmes régions (sud et ouest) que l’on constate les plus forts taux
de créations d’entreprises, la plus grande part d’indépendants dans la population
active et l’arrivée significative d’une population nouvelle âgée de 40 à 60
ans. Des points communs révélateurs d’un esprit d’entreprendre et de créer au
sens le plus large ? Les départements du Nord et l’Est seraient, eux, plus enclins
à renforcer les associations existantes.
• Si 80% des associations fonctionnent exclusivement avec des bénévoles,
on compte aujourd’hui en France 168 600 associations employeurs, contre 125
000 en 1995, soit une croissance de plus de 35 % en un peu moins d’une décennie.
54,7 % des associations employeurs ne disposent que d’un à deux salariés. Mais
au total, les associations représentent 1.6 million d’emplois, soit 8 % du total
des salariés en France, et près de 5% de l’emploi. On retrouve des similitudes
avec le tissu associatif dans son ensemble : les régions présentant le moins
d’associations employeurs sont situées dans le Nord et l’Est ; celles où elles
sont plus nombreuses et de taille réduite, sont au Sud et à l’Ouest. Cependant,
l’effectif salarié est réparti de manière assez homogène sur le territoire.
Ceci reflète une adéquation entre les besoins des habitants et l’offre de service
des associations.
• On savait que la multiplication des créations conduisait à un partage de
plus en plus difficile de la ressource bénévole. On constate maintenant, grâce
au travail mené dans le domaine du sport, qu'elle nuit aussi à la stabilité
associative. Dans des départements comme la Corse, l’Hérault ou le Var, le nombre
d’associations créées en 10 ans est supérieur au nombre de clubs existants,
ce qui laisse entendre de nombreuses disparitions, donc une instabilité réelle
du tissu associatif. L’étude montre que ce constat ne semble pas limité au domaine
sportif et pourrait être appliqué à l’ensemble du secteur associatif.
• Enfin, l'étude met cette année l’accent sur deux sujets spécifiques :
- la place des jeunes dans le monde associatif, avec une mise au point de
Jean-Claude Bardout sur les prétendus fondements des interdictions imposées
aux mineurs, et aussi une présentation du réseau national des Juniors associations,
- le rôle incomparable que jouent les associations dans leur territoire,
a fortiori dans les très petites communes. Des enquêtes montrent leur mode d’apparition,
leur enracinement, leur diversité, l’importance des relations qu’elles entretiennent
avec les équipes d’élus. Mais aussi trois grands défis que rencontrent en particulier
les maires pour maintenir la vitalité associative dans leurs communes : comment
recruter de nouveaux responsables associatifs, transmettre la fibre aux jeunes
générations, et faire co-exister les associations traditionnelles et celles,
plus « utilitaires », qui génèrent des services.
La version intégrale de l’’étude est disponible sur www.cerphi.org