"Personne ne vous dira que l'on est cantonnier par passion". Aussi, lorsqu'il quitte ses vêtements de travail et qu'il rentre chez lui, dans le quartier du Merlan à Marseille, aux alentours de 13 heures, Olivier Marone s'adonne à ce qui "occupe toutes (ses) pensées" créer un centre d'appels pour les associations.
Le jeune homme de 28 ans réservé, inventif et entreprenant, a toujours baigné dans le monde associatif. Son projet se nourrit d'un constat : aujourd'hui, la France compte 800.000 associations et dix millions de bénévoles mais aucune passerelle n'existe entre les différents acteurs de ce secteurs et une population qui a démontré qu'elle savait être solidaire. En mettant en place un numéro de téléphone unique et gratuit, Olivier pense combler ce manque. "Ce numéro vert pourra répondre à toutes demandes d'informations, à tous ceux qui souhaitent faire un don, à tous ceux qui aimeraient donner de leur temps". Evident pas mais vraiment simple comme un coup de fil.
Car depuis qu'il planche sur le sujet, ce Marseillais a du mal à intéresser les partenaires nécessaires à son financement. En janvier dernier, son "business plan" a été arrêté mais "les portes ne s'ouvrent pas lorsque l'on n'a pas de relations et que l'on est de plus un vulgaire agent d'entretien". C'est la raison qui l'a poussé à lancer un appel à l'adresse du monde des entreprises afin de collecter les quatre millions d'euros annuels nécessaires pour démarrer. En contrepartie, "les entreprises bénéficieraient d'une image citoyenne dont on ne peut négliger l'impact".
La Caisse d'Epargne étudierait le dossier. Mais Olivier craint de rester en rade, balançant entre certitudes et découragement.
L'ancien étudiant en BTS de comptabilité qui a débuté sa vie professionnelle dans le secrétariat administratif est conscient que, mêmes pavé de bonnes intentions, le chemin de la création d'entreprise s'apparente souvent au parcours du combattant. Celui qui n'est jamais à court d'idées en a déjà fait l'amère expérience, l'an dernier, en fondant un site Internet prometteur mais balayé par la "e-crise".


